Il n'est pratiquement plus nécessaire, au stade où nous
en somme arrivés, d'attaquer l'art dit contemporain et
les prétendus artistes qui, par leur désoeuvrement,
leur nombre et leur aigreur, lui fournissent encore
ce qu'ils croient être un semblant d'existence.
Ceux-ci, désormais se détruisent d'eux-mêmes
en avouant leur soumission à l'ordre du néomonde
comme activité supérieure à celle d'artiste
(sans doute aussi celle-là est-elle plus rentable que celle-ci)
et ils pourraient tous, à quelle que "discipline"
qu'ils appartiennent proclamer comme ce musicien
d'un groupe breton: "Avant d'être des artistes musiciens,
on est des citoyens" Il suffit d'imaginer une phrase
pareille dans la bouche de Mozart, de Rodin, de Giotto,
de Haydn ou de Cézanne pour avoir de quoi rire
jusqu'à l'an 3000; On peut très bien imaginer son équivalent,
en revanche, dans la bouche d'un artiste réaliste-socialiste
de l'époque stalinienne.

Philippe Muray
(juin 1999)