"On sait bien pourtant, depuis l'expérience partout atroce,

et partout prolongée avec une délectation suicidaire,

des centres villes piétonniers, que la vie ne revient pas

dans les rues ainsi libérées des voitures, mais que ce sont

les éléments disloqués d'une post-vie qui y prennent alors

la place de l'ancienne existence.

Le piétonnier qui succède au piéton est une sorte d'âme en peine

repeinte aux couleurs de la fête de l’avenir,

et qui erre dans un enfer composé de boutiques

qui n'ont plus aucun rapport de nécessité avec quoi se soit.

Aux rues succède le théâtre des rues."

 

Philippe Muray

Festivus festivus éditions: Champs essais