Guerre à GAZA
"Dans la cour de l'école, il reste une bombe dont s'échappe du phosphore"
Manuel Mussalem, curé de Gaza
"Dimanche, nous avons pu dire la messe dans l'église principale, devant soixante fidèles. L'école et la résidence des sœurs du rosaire ont été frappés par cinq missiles. Dans la cour de l'école, il reste une bombe dont s'échappe encore du phosphore. Personne n'ose y toucher : les avions israéliens patrouillent encore, et il faut des compétences militaires pour manipuler ce missile.
La guerre n'est pas finie : Gaza est dans l'attente d'une autre attaque. Il n'y a pas de nourriture, pas de travail, pas de commerce. Les Gazaouis vivent dans le désespoir. Les gens que j'ai rencontrés lundi m'ont tous dit qu'ils refusaient de revenir à un état de siège. Ils ont trop souffert de la faim et des humiliations. Il faut arrêter cette spirale de violence, mais aujourd'hui mes fidèles sont incapables d'écouter un discours de paix ou de respect."
"Les chars israéliens ont déraciné les arbres"
Ghada Raee, journaliste pour l'agence Wafa, ville de Gaza
"Tout le monde est très déprimé, les dégâts sont énormes. Les chars ont déraciné les arbres, citronniers, orangers... il n'y a plus un seul olivier. Les Israéliens prétendent que le Hamas se cachait derrière les arbres pour lancer des roquettes. Mais les paysans ont perdu leur source de revenus. Et comme il y a très peu de ressources économiques à Gaza, tout le monde en souffre.
Les habitants sont choqués. Certains regrettent que le Hamas ait lancé des roquettes, d'autres soutiennent la résistance. Mais, aujourd'hui, les gens ont d'autres problèmes prioritaires : s'alimenter, se chauffer, retrouver leurs familles. La situation politique sera sans doute plus claire quand la population aura résolu ces questions basiques. Un militant du Hamas m'a dit que même les membres du parti sont choqués par les armes utilisées par l'armée israélienne. Ils savaient qu'Israël allait envahir Gaza, mais ils n'imaginaient pas qu'ils le feraient de cette façon là."
Sources: journal Le Monde 19 janvier 2009







