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Le Blog d'Alain Gestin (Atelier Le Belvédère)
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28 février 2008

Franz KAFKA

"DANS UN MONDE DE MENSONGE, LE MENSONGE N'EST MÊME PAS SUPPRIMÉ PAR SON CONTRAIRE, IL NE L'EST QUE PAR UN MONDE DE VÉRITÉ."

"TOUT LE MONDE NE PEUT PAS VOIR LA VÉRITÉ, MAIS TOUT LE MONDE PEUT L'ÊTRE."

"NOTRE ART, C'EST DÊTRE AVEUGLÉ PAR LA VÉRITÉ; SEULE EST VRAIE LA LUMIÈRE SUR LA FACE GROTESQUE QUI RECULE, RIEN D'AUTRE."

Franz KAFKA (Préparatifs de noces à la campagne)

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1 novembre 2007

ARTHUR ADAMOV

"ET LA PAUVRETÉ, C'EST ENCORE LA MORT. ELLE AUSSI DÉNUDE L'HOMME DE TOUT, SON RÔLE À ELLE AUSSI EST DE METTRE L'HOMME À NU.
LA PAUVRETÉ COMME LA MORT, C'EST LE DÉPOUILLEMENT EN NOUS DE TOUT CE QUI N'EST PAS LE FEU DE L'AMOUR. LA VRAIE PAUVRETÉ, C'EST LA MORT À SOI-MÊME DE CETTE VIE.
J'AI LE DROIT DE DIRE DE TOUS MES CONTEMPORAINS QU'ILS NE SONT QUE GONFLÉS DE LEUR PROPRE VIDE, POURRIS D'AMOUR-PROPRE JUSQU'À LA PUTRÉFACTION.
CHACUN SE CROIT UNE ENTITÉ CENTRALE, AUTONOME, CAPABLE D'ATTIRER TOUS LES BIENS VERS ELLE.
  PARCE QU'EN NOS TEMPS D'HORREUR, L'HOMME A DÉNOUÉ LES LIENS QUI LE RELIAIENT AU MONDE, QUI LUI DONNAIENT LA PREUVE DE SA PROPRE INEXISTENCE EN LUI PROUVANT QU'IL APPARTENAIT AU TOUT DU MONDE, MAINTENANT QU'IL A TOUT PERDU, SOLITAIRE COMME UN FOU, IL VOUDRAIT QUE LE MONDE LUI APPARTIENNE. JE LE DIS INCAPABLE DE SE REMETTRE À SA PLACE ET DE COMPRENDRE QUE, QUE QUOI QU'IL PENSE, CROIE OU FASSE, IL NE SAURAIT ÊTRE AU MIEUX QU'UN VISITÉ ET UN POSSÉDÉ SOUMIS AUX LOIS PROFONDES. IL NE SAIT PLUS QUE RENVERSER LES RÔLES, PENSER À L'ENVERS. CET ÊTRE QUI A PERDU LE SENS DE LA VIE, VIDÉ DE TOUT, INAPTE À ÊTRE POSSÉDÉ, VOUDRAIT À SON TOUR POSSÉDER LE MONDE.
  MAIS LE MAL NE S'ARRÊTE PAS LÀ. AVANT DE POSSÉDER LE MONDE, L'HOMME VEUT POSSÉDER SES SEMBLABLES.
  LE BESOIN DE POSSESSION DE L'HOMME, C'EST LÀ LE GRAND BLASPHÈME, LA GRANDE USURPATION...
  CET HOMME QUI TIENT À SA FAMILLE, À SON RANG DANS LA SOCIÉTÉ, À SA FORTUNE QUI S'ACCROÎT, À SES PROPRIÉTÉS QUI S'ÉLARGISSENT, À LA RÉUSSITE DE SES DÉRISOIRES AMBITIONS CIVIQUES, QUE FAIT-IL D'AUTRE QUE DE PRENDRE  DES ASSURANCES CONTRE L'INÉVITABLE ACCIDENT: LA MORT. IL CHERCHE À SE BÂTIR UNE IMMORTALITÉ DE PACOTILLE, QUE LE DERNIER INSTANT VIENDRA SAPER D'UN SEUL COUP.
  L'HOMME EST DÉSAXÉ. IL A PERDU SON CENTRE. IL NE SAIT PLUS QUE CE QU'IL CHÉRIT ET CARESSE DE TOUT SON AMOUR-PROPRE, CELUI QUI DIT : JE, EN LUI, EST AU PLUS LOIN DE L'ÊTRE VÉRITABLE QU'IL POURRAIT DEVENIR. SON AMOUR-PROPRE EST L'ENNEMI DE TOUT CE QUI LUI EST ESSENTIELLEMENT PROPRE.
  CERTES, LA RICHESSE AUSSI PEUT ÊTRE GRANDE ET LOURDE DE SENS. LE LUXE, N'EST-CE PAS LE REFLET DE LA LUMIÈRE ? ET LA MAGNIFICENCE A PU SERVIR AUTREFOIS À MAGNIFIER LA MANIFESTATION, À DIRE SA GLOIRE, LA RICHESSE AUSSI EST SAINTE. MAIS POUR QU'EXISTE DE NOUVEAU UNE VRAIE RICHESSE, IL FAUDRAIT QUE LE MONDE EXTÉRIEUR PUISSE ÊTRE FIDÈLE AU MONDE INTÉRIEUR DE L'HOMME. OR, CELÀ N'EST PLUS POSSIBLE, CELÀ EST HORS DE NOTRE TEMPS.

ARTHUR ADAMOV (1940)  Préface de : Le livre de la Pauvreté et de la Mort de Rainer Maria Rilke

9 janvier 2008

"Pas ici, sortez!"

Ce matin à Blois, après un rendez-vous, je m'arrête dans un tabac
où ne trouvant pas mes cigares préférés, j'en demande un au détail.
Je me rends compte que j'ai oublié mon briquet, je demande du feu
au buraliste qui me prête un briquet. je me prépare à allumer mon cigare
Et là, j'entends un:
-"Pas ici, sortez!"
- "Vous plaisantez?"
- "Non pas du tout, ici c'est interdit."
Je sors agacé, j'allume mon cigare et par la porte vitrée
lui fait de grands signes en lui disant que je ne peux plus rentrer
puisque mon cigare est allumé et que par conséquent je ne peux pas lui rendre son briquet!
Le jeune buraliste quitte son poste(enervé).

Je lui rends son briquet en lui soulignant verbalement le côté ubuesque de la situation!
-"Désolé, mais qui me dit que vous n'êtes pas un controleur?"
-"Est-ce que j'ai une tête de controleur?"
-"On ne peut pas savoir!"

2 décembre 2007

ANNE- LORRAINE SCHMITT

Anne-Lorraine Schmitt, 23 ans, retrouvée poignardée le 25 novembre 2007 à Creil (Oise) dans le RER D.

Celà s'appelle du COURAGE. Elle s'est défendue contre son agrésseur, elle a défendu sa dignité, son honneur, elle en est morte. Pour ceux qui ont rendu celà possible de la LACHETÉ.

NB: Michèle Alliot Marie a déclaré étendre l'usage des caméras de Vidéo-surveillances dans les lieux publics!

Cela s'appelle une directive gouvernementale! Les Français vont pouvoir regarder davantage la télé!

4 janvier 2012

Victor Hugo

En voyant passer des brebis tondues

Les sombres vents du soir soufflent de tous côtés.

O brebis, ô troupeaux, ô peuples, grelottez.

Où donc est votre laine, ô marcheurs lamentables ?

Allez loin de vos toits, et loin de vos étables,

Sous le givre et la pluie, allez, allez, allez!

Où donc est votre laine, ô pauvres accablés,

Vous qui nourrissez tout, hélas! et qu'on affame ?

Peuple, où donc sont tes droits ? Homme, où donc est ton âme ?

O laboureur, où donc est ta gerbe ? O maçon,

Constructeur, polisseur, où dons est ta maison ?

Où donc sont les esprits mis sous votre tutelle,

Docteurs ? Et ta pudeur, ô femme, où dons est-elle ?

Hélas! J'entends sonner les clairons triomphants!

Vierge, où sont tes amours! Mère où sont tes enfants ?

Grelottez, ô bétail dépouillé, pauvres êtres!

Votre laine n'est pas à vous, elle est aux maîtres,

Elle est à ceux pour qui le chien aboie, à ceux

Qui sont les rois, les forts, les grands, les paresseux!

C'est à vous cependant que Dieu l'avait donnée.

Cette laine sacrée, et dans la profondeur

Dieu maudit les ciseaux lugubres du tondeur!

 

Victor Hugo

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20 février 2012

Henri Michaux

"  Les livres sont ennuyeux à lire.

Pas de libre circulation. On est invité à suivre.

Le chemin est tracé, unique.

   Tout différent le tableau: immédiat, entier.

Puis on va à gauche, à droite, comme on veut,

où l'on a envie, selon ses trajets,

et les pauses ne sont pas indiquées.

  Dès qu'on le désire l'oeil le tient à nouveau, entier.

Dans un instant, tout est là.

   Tout, mais rien n'est encore connu.

C'est ici qu'il faut commencer à LIRE.

   Joie peu connue, quoique pour tous.

 

Henri Michaux (Jeux d'encre. Trajet Zao Wou-Ki)

Édition l'Échoppe & la maison des amis des livres

7 septembre 2010

Le travail, la lecture selon Kafka

" Le travail comme joie,

inaccessible aux psychologues. "

Franz KAFKA

Kafka, dans une lettre à son ami Oskar Pollak (en janvier 1904) explique :

« Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous ; voilà ce que je crois ».

« Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas

d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? »

19 août 2010

"Homo Festivus"

"Comme il* est, par infortune,

le plus mimétique des imitateurs,

on se demande aussi sur quoi

il va encore bien pouvoir trouver

à copier pour croire qu'il crée."

*: Homo festivus dans après l'histoire de Philippe Muray

Difficile de ne pas transposer cette définition

de l'homo festivus de Philippe Muray

au profil de l'artiste d'aujourd'hui,

en y ajoutant tout ce galimatias d'artistes amateurs

qui se gardent bien de respecter

la règle inhérente à toute forme d' art !...

7 août 2010

Georges Bernanos

" Loin de penser, comme nous, à faire de l'État son nourricier,
son tuteur, son assureur, l'homme d'autrefois n'était pas loin
de le considérer comme un adversaire contre lequel n'importe
quel moyen de défense est bon, parce qu'il triche toujours.
C'est pourquoi les privilèges ne froissaient nullement
son sens de la justice; il les considérait comme autant
d'obstacles à la tyrannie, et, si humble que fût le sien,
il le tenait - non sans raison d'ailleurs - pour solidaire
des plus grands, des plus illustres. Je sais parfaitement
que ce point de vue nous est devenu étranger,
parce qu'on nous a perfidement dressés à confondre
la justice à l'égalité. Ce préjugé est même poussé si
loin que nous supporterions volontiers d'être esclaves,
pourvu que personne ne puisse se vanter de l'être
moins que nous."

"On ne comprends absolument rien à la civilisation moderne
si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle
contre toute espèce de vie intérieure"

(Texte de Bernanos, 1942)

6 juillet 2010

Alexandre Kojève

"L'histoire s'arrête, quand l'Homme n'agit plus au sens fort du terme,
c'est à dire ne nie plus, ne transforme plus le donné naturel et social
par une Lutte sanglante et un Travail créateur.
Et l'Homme ne le fait plus quand le Réel lui donne pleinement satisfaction,
en réalisant pleinement son Désir ( qui est chez l'homme un Désir
de reconnaissance universelle de sa personnalité unique au monde).
Si l'homme est vraiment et pleinement satisfait par ce qu'il est,
il ne désire plus rien de réel et ne change donc plus la réalité,
en cessant ainsi de changer réellement lui-même."

Alexandre Kojève ( né à Moscou le 28 avril 1902 et mort à Bruxelles le 4 juin 1968, est un philosophe français d'origine russe qui a renouvelé l'étude de Hegel en France. Hegel avait été introduit en France par les efforts de Victor Cousin au XIXe siècle.
Mais c'est à Kojève que l'on doit la place éminente qu'occupe Hegel en France aujourd'hui.

20 avril 2010

Philippe Soupault

                           MARCHE

L
e 17 février je suis parti

A l'horizon des fumées s'allongeaint
J'ai sauté par dessus les livres

Des gens riaient
Mon désir me prends par le bras
Je voudrais repousser les maisons
Aller plus vite
Le vent
Il a bien fallu que je tue mes amis

La nuit ne m'a pas fait tomber
Je me suis enveloppé dans ma joie
Le cri des remorqueurs m'accompagnait
Je ne me suis pas retourné
Il y avait tant de lumières dans la ville sonore

En revenant tout est changé
J'ai cassé mes idées immobiles
Mes souvenirs maculés je les ai vendus

Philippe Soupault (Ed: Pierre Seghers)

23 novembre 2009

Psaume 73 (extrait)

La justice finale.
Psaume. D'Asaph.

Mais enfin, Dieu est bon pour Israël,
pour les hommes au coeur pur.

Un peu plus, mon pied bronchait,
un rien, et mes pas glissaient,
envieux que j'étais des arrogants
en voyant le bien-être des impies.

Pour eux point de tourments,
rien n'entame leur riche prestance;
de la peine des hommes ils sont absents,
avec Adam ils ne sont point frappés.

C'est pourquoi l'orgueil est leur collier,
la violence, le vêtement qui les couvre;
la malice leur sort de la graisse,
l'artifice leur déborde du coeur.

Ils ricanent, ils prônent le mal,
hautement ils prônent la force;
leur bouche s'arroge le ciel
et leur langue va bon train sur la terre..
.

24 février 2009

LA BOETIE ( Discours de la servitude volontaire)

" Certainement le tyran n'aime jamais, et n'est jamais aimé. L'amitié est un nom sacré, une chose sainte. Elle n'existe qu'entre gens de biens. Elle naît d'une mutuelle estime et s'entretient moins par les bienfaits que par l'honnêté. Ce qui rend un ami sûr de l'autre, c'est la connaissance de son intégrité. Il en a pour garants son bon naturel, sa fidélité, sa constance. Il ne peut y avoir d'amitié là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l'injustice. Entre méchants, lorsqu'ils s'assemblent, c'est un complot et non une société. Ils ne s'aiment pas mais se craignent. Ils ne sont pas amis mais complices."

La Boétie (1530-1563)

7 juillet 2009

al-Mutanabbï

Abreuve-nous de ta beauté tant qu'il est temps; la beauté
   des visages est éphémère.
Viens ! Soyons unis l'un à l'autre en ce monde où notre
   séjour est trop court !

Nulle part en ce monde je ne puis demeurer. Et à peine
   arrêté, je repars !

J'ai traversé les déserts ici-bas, y épuisant mes montures de
   l'aube jusqu'à la nuit.

Sa patrie est là où l'homme se trouve bien et les vrais amis
   sont sa seule parenté.

al-Mutanabbï (Ahmad Abü al-Husayn Abü Tayyib) 915-965

7 août 2008

Khalil GIBRAN (1883-1931) né à Bcharré, Liban.

Souvent je t'ai entendu dire, comme si tu parlais dans ton sommeil :
Celui qui travaille le marbre et trouve la forme de son âme dans la pierre,
est plus noble que celui qui laboure le sol.
Et qui s'empare de l'arc en ciel pour l'étendre sur la toile à l'image de l'homme, celui-là compte davantage que celui qui fabrique des sandales pour nos pieds.
Or moi je dis, et pas en dormant mais dans l'éveil parfait de midi, que le vent ne parle pas plus doucement aux chênes géants qu'au moindre des brins d'herbe.
Et seul est grand celui qui de la voix du vent fait un doux chant d'amour.
Le travail est de l'amour rendu visible.
Si vous ne pouvez travailler avec lui, mais rien qu'avec dégoût, il vaut mieux quitter cette tâche et vous asseoir à la porte du temple pour recevoir aumône de ceux qui oeuvrent dans la joie.
Car pétrir Le pain avec indifférence, c'est pétrir un pain d'amertume qui ne nourrit
qu'à moitié la faim humaine;
Et si fouler les grappes vous déplaît, ce déplaisir distille un poison dans le vin.
Et quand vous chanteriez comme des anges, si vous n'aimez pas le chant,
vous fermez l'oreille humaine aux voix du jour et à celles de la nuit.

12 janvier 2009

GAZA 17eme jour

"A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES"

"A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.

Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. "A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne Pluie d'été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes", ont-ils expliqué.

Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas  :  "Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de cas de ce type.

Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du "monde occidental" – médecin ou journaliste  :  "Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?"

Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "au bout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez.

"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes."

A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…"

 

Sophie Shihab

Sources: journal "Le Monde" 12 janvier 2009

25 mars 2008

SAINT-JOHN PERSE

...Toutes choses connues du peintre dans l'instant même de son rapt, mais dont il doit faire abstraction pour rapporter d'un trait, sur l'aplat de sa toile, la somme vraie d'une mince tache de couleur.

   Tache frappée comme d'un sceau, elle n'est pourtant chiffre ni sceau, n'étant signe ni symbole, mais la chose même dans son fait et sa fatalité - chose vive, en tout cas, et prise au vif de son tissu natal : greffon plutôt qu'extrait, synthèse plus qu'ellipse.

   Ainsi, d'un "territoire" plus vaste que celui de l'oiseau, le peintre soustrait par arrachement ou par lent détachement, jusqu'à pleine appropriation, ce pur fragment d'espace fait matière, fait tactile, et dont l'émaciation suprême devient la tache insulaire de l'oiseau sur la rétine humaine.

St John Perse  (oiseaux III)

5 janvier 2008

Une politique de civilisation?

« Vous avez dit: politique de civilisation ? »

Quelle maxime étonnante de la part d’un pays qui se dit civilisé depuis des siècles
et se veut comme tel avec une propension à donner des leçons aux autres pays
ou de se vouloir en être l’exemple !
Les peuples dit sous-développés, ceux qui sont enchaînés à leurs dettes, les oubliés du tiers-monde doivent pouffer de rire !
Ne serions-nous plus civilisés ? Ou pas encore ? Mais alors qui va nous civiliser, l’éthique politicienne ? La raison financière ?
Je crains que cette maxime ne soit qu’un pet de lapin dans le contexte socio-économique dans lequel nous sommes.
La barbarie économique est des plus flagrante et la politique n’est pas en reste à ce sujet, alors commençons à nettoyer sur le pas de notre porte !
On civilise quand on assure une éducation de qualité pour tous.
On civilise quand on apporte assistance aux personnes en difficultés sans se soucier en premier lieu des critères économiques.
On civilise quand une société se porte garante de la transmission de la  culture héritée des civilisations passées, d'un bon enseignement des arts et des lettres.
On civilise quand on exclut pas une minorité fragile.
On civilise quand on ne construit pas des centres de rétention administrative pour les immigrés.

NON, décidément je ne comprends pas cette maxime!

28 novembre 2007

XAVIER, RENCONTRE À ALEP

http://gzav.free.fr/voy/index_voy.php?page=pays&num_pays=72

Amoureux du Voyage

Sur ce lien vous pouvez suivre le périple de Xavier que nous avons rencontré en Syrie à Alep.
Il est parti pour un an sur la planète bleue, à suivre! Son blog s'est depuis peu chargé de photos des différents pays traversés. Une pensée pour toi sur la route!

À TON RETOUR BIENVENU AU BELVÉDÈRE

16 décembre 2007

CLARICE LISPECTOR (UN SOUFFLE DE VIE)

ANGELA. JE SUIS NÉE AMALGAMÉE À LA SOLITUDE DE CET INSTANT EXACT,
QUI NE CESSE DE SE PROLONGER ET QUI EST SI PROFONDE QUE DÉSORMAIS
ELLE N'EST PLUS MA SOLITUDE MAIS LA SOLITUDE DE DIEU.
J'AI ENFIN ATTEINT LE MOMENT Où RIEN N'EXISTE.
PAS MÊME UNE CARESSE DE MOI À MOI; CETTE SOLITUDE EST CELLE DU DÉSERT.
LE VENT POUR COMPAGNIE. AH! MAIS QUEL FROID OBSCUR ME SAISIT!
JE ME COUVRE AVEC LA DOUCE MÉLANCOLIE, ET JE ME BALANCE DE-CI DE-LÀ, DE-CI DE-LÀ.
AINSI. OUI ! AINSI MÊME.
L'AUTEUR. LES MOTS D'ANGELA SONT DES ANTIMOTS : ILS VIENNENT D'UN LIEU ABSTRAIT EN ELLE
Où L'ON NE PENSE PAS, CE LIEU OBSCUR, AMORPHE ET SUINTANT COMME UNE CAVERNE PRIMITIVE.
ANGELA CONTRAIREMENT À MOI, NE RAISONNE QUE TRÈS RAREMENT : ELLE SE CONTENTE DE CROIRE.

26 novembre 2007

CLARICE LISPECTOR (1920-1977)

« Écrire est un acte compulsif », disait Clarice Lispector. Et lorsqu’on lui demandait pourquoi elle écrivait, elle répondait tout à la fois : « Par une fatalité et parce que je n’ai rien à faire au monde ; je suis en trop et il n’y a pas de place pour moi sur cette terre des hommes ; j’écris parce que je suis désespérée et que je suis fatiguée et ne supporte plus la routine que je suis pour moi-même. S’il n’y avait pas cette nouveauté toujours neuve qu’est l’écriture, je me mourrais symboliquement chaque jour. » (L’Heure de l’étoile).

Merci à FUGITIVE et son blog pour m'avoir fait découvrir cet écrivain.

24 novembre 2007

RIEN DE CHANGÉ

DERNIÈRES LETTRES À SON FRÈRE THÉO (1890) :

"...EH BIEN VRAIMENT, NOUS NE POUVONS FAIRE PARLER QUE NOS TABLEAUX.
MAIS POURTANT MON CHER FRÈRE, IL Y A CECI QUE TOUJOURS JE T'AI DIT ET JE LE REDIT ENCORE UNE FOIS AVEC TOUTE LA GRAVITÉ QUE PUISSENT DONNER LES EFFORTS DE PENSÉE ASSIDÛMENT FIXÉE POUR CHERCHER À FAIRE AUSSI BIEN QU'ON PEUT- JE TE LE REDIS ENCORE QUE JE CONSIDÉRERAI TOUJOURS QUE TU ES AUTRE CHOSE QU'UN SIMPLE MARCHAND DE COROT, QUE PAR MON INTERMÉDIAIRE TU AS TA PART À LA PRODUCTION DE CERTAINES TOILES, QUI MÊME DANSLA DÉBÂCLE GARDE LEUR CALME.
CAR LÀ NOUS EN SOMMES ET C'EST LÀ TOUT AU MOINS LE PRINCIPAL QUE JE PUISSE AVOIR À TE DIRE DANS UN MOMENT DE CRISE RELATIVE. DANS UN MOMENT Où LES CHOSES SONT FORT TENDUES ENTRE MARCHANDS DE TABLEAUX D'ARTISTES MORTS ET D'ARTISTES VIVANTS.
EH BIEN, MON TRAVAIL À MOI, J'Y RISQUE MA VIE ET MA RAISON Y A SOMBRÉ À MOITIÉ-BON- MAIS TU N'ES PAS DANS LES MARCHÉS D'HOMMES POUR AUTANT QUE JE SACHE, ET TU PEUX PRENDRE PARTI, JE LE TROUVE, AGISSANT RÉELLEMENT AVEC HUMANITÉ, MAIS QUE VEUX-TU?"

VINCENT VAN GOGH

1 avril 2008

SAINT-JOHN PERSE

"... Au vrai, toute création de l'esprit est d'abord " poétique" au sens propre du mot; et dans l'équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s'exerce initialement, pour l'entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l'elipse poétique, qui va plus loin, et de plus loin? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l'un équipé de l'outillage scientifique, l'autre assisté des seules fulgurations de l'intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence? La réponse n'importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l'esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne... Aussi loin que la science recule ses frontières, et sur tout l'arc étendu de ces frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie n'est pas comme on l'a dit, "le réel absolu", elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s'informer lui-même..."

St John PERSE (extrait de son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960

25 février 2008

UN CHAT NE S'APPELLE PLUS UN CHAT !

Les informations sous contrôle en France font poindre le retour de censures encore feutrées (pour l'instant) , heureusement le net passe entre les mailles du filet, jusqu'à quand?
Ainsi les souffles de Liberté ne viennent plus de France mais des pays étrangers qui nous donnent par médias interposés un regard sur notre propre pays en proie à l'inertie. (voir : Il n'y a pas de pauvres en France!)
Depuis déjà quelques décennies on nous habitue à une manipulation sémantique pour ne plus appeler un chat par son nom.
Ainsi dans les années 80, une femme de ménage, s'est vue accoutrée d'une nouvelle terminologie;"technicienne de surfaces".
Le mendiant a hérité de l'abrévation de "SDF".
Les nomades se sont retrouvés avec la terminologie oisive de:"Gens du voyages"
La toute dernière est une petite perle. On ne dit plus échec, (terme traumatisant) mais " être en position de réussite différée".
Et j'en passe des meilleures vous pouvez d'ailleurs en rajouter!
La sainte administration est là pour combattre bien sûr l'hypocrisie, de qui se moque t-on?
Un chat ne s'appelle plus un chat donc? Vous avez des idées?

20 février 2008

( Car tu mets au large mon coeur.) PSAUME 118

-IV. Collé à tes exigences.

25 Mon âme est collée à la poussière,
     Fais-moi vivre selon ta parole.
26 J'énumère mes voies : tu me réponds;
     apprends-moi tes commandements.
27 Montre-moi la voie de tes préceptes,
     que je médite sur tes merveilles.
28 La tristesse m'arrache des larmes:
     relève-moi selon ta parole.
29 Détourne-moi de la voie du mensonge,
     fais-moi la grâce de ta loi.
30 J'ai choisi la voie de la fidélité,
     je m'ajuste à tes décisions.
31 Je me tiens collé à tes exigences;
     Seigneur, garde-moi d'être humilié.
32 Je cours dans la voie de tes volontés,
     car tu mets au large mon coeur.
    

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